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Inauguration du nouveau TREMPLIN - 12 Octobre 2012

Inauguration du nouveau TREMPLIN – 12 Octobre 2012

Le CHRS

 

 

I – CONTEXTE

1/Contexte historique

L’association REVIVRE, fondée en 1974 par des visiteurs de prison, a posé son point d’ancrage en créant un CHRS afin de proposer une solution d’hébergement et de réinsertion sociale pour les personnes sortantes des établissements pénitentiaires de CAEN.
L’association s’est ensuite développée avec l’ouverture de différents services en élargissant son champ d’intervention aux personnes confrontées aux situations d’exclusion.
Le CHRS est passé de 8 places à sa création à 66 places aujourd’hui, dont 30 places en collectif et 36 places en appartements dispersés sur l’agglomération.

2/Contexte éthique

Le projet d’établissement du CHRS insertion s’appuie sur le projet associatif.
Toute personne concernée par le CHRS peut y séjourner sans discriminations, quels que soit son parcours, ses valeurs ou croyances.
L’association et notamment le personnel sont les garants d’un climat institutionnel qui doit favoriser le respect entre les personnes – Usagers et intervenants.
Une équipe de professionnels en travail social accompagnent les personnes accueillies dans un projet non d’assistance mais de vie, sur le principe de la contractualisation.

3/Cadre législatif spécifique

Les Centres d’hébergement et de réinsertion sociale sont organisés par le décret n° 2001-576 du 3 juillet 2001, relatif aux conditions de fonctionnement et de financement des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale.

4/Cadre administratif

Le référentiel National des prestations du dispositif accueil, hébergement, insertion – DGAS – Mars 2005.

5/Cadre de la mission

Le CHRS « Jumièges » est un établissement social sous compétence État, qui propose un accueil, un hébergement et un accompagnement des personnes (un hébergement d’insertion en référence au référentiel A.H.I. cité ci-dessus).
L’action du CHRS vise un public d’hommes seuls en difficulté d’insertion ou de réinsertion sociale.

L’État a conclu une convention avec l’association REVIVRE portant sur le fonctionnement du Centre en date du 31 décembre 1974.

6/Inscription dans l’environnement

Le CHRS s’inscrit dans les politiques de prévention de la délinquance et lutte contre la récidive.
Il participe au schéma départemental de l’accueil, de l’hébergement et de l’insertion.
Il contribue à l’animation promue par la FNARS Régionale.
Il fait partie et est acteur du réseau local.

II – OFFRE DE SERVICES – MOYENS ET ORGANISATION DU CHRS

1/Objectifs

Le CHRS cherche à apporter, à partir d’un lieu d’hébergement, une aide favorisant l’insertion sociale, éventuellement professionnelle, d’hommes majeurs en cumul de difficultés, quelle que soit leur situation de désinsertion.
Le CHRS est en capacité d’assurer un accompagnement de proximité, très individualisé, à même de prendre en compte les difficultés de chacune des personnes résidentes et de construire avec elle un projet adapté à sa situation.
Toute personne accueillie bénéficie d’un accompagnement individualisé réalisé par un membre de l’équipe de travailleurs sociaux. Cet accompagnement s’appuie sur une demande initiale, des motivations plus ou moins explicites.
Cette “personne ressource”, cet interlocuteur privilégié que cherche à être le travailleur social « référent » va aider le bénéficiaire à déterminer ses objectifs de changement ainsi que les moyens permettant de les atteindre. L’accompagnement va se poursuivre dans la phase de mise en œuvre des moyens et de réajustement des objectifs le cas échéant. Son intensité varie selon les besoins de la personne et ses capacités d’autonomie.

CARACTERISTIQUES DE L’ACTION DU C.H.R.S.

Nous nous intéressons à la personne dans sa globalité (aux différents aspects de sa situation devant être pris en compte pour une insertion durable).
C’est pourquoi l’orientation vers des partenaires aux compétences complémentaires est fréquente. Nous incitons les résidents à se créer leur propre réseau relationnel (médecin, psychologue ou psychiatre, activités de loisirs et  sportives…).
Compte tenu de ce qui fait la spécificité même du C.H.R.S., son action ne peut s’exercer positivement que dans la mesure où le bénéficiaire est porteur de désirs de changement et a conscience, ou prend conscience au cours du séjour, que le type d’aide que nous proposons (voir ci-dessous) peut lui être profitable.

SPÉCIFICITÉ DE L’AIDE DU C.H.R.S.

Le C.H.R.S. propose un cadre, notamment constitué d’un règlement de fonctionnement  et d’une relation institution-résidents contractualisée par écrit. C’est un lieu structurant à la fois ferme (avec ses limites) et tolérant (les difficultés doivent pouvoir s’y exprimer).
La vie en groupe et les démarches vers l’extérieur peuvent favoriser des (ré) apprentissages au niveau de la relation aux autres et à l’environnement.
Le fait que l’équipe et les résidents partagent de nombreux moments au quotidien peut permettre :

  • Des observations, une connaissance des personnes qui, par effet de miroir, peuvent amener les bénéficiaires à des prises de conscience sources de changements, eux-mêmes facteurs d’insertion.
  • De proposer aux personnes accueillies un soutien intensif dans   des moments difficiles ou un accompagnement plus distancié favorisant l’autonomie à d’autres moments.

LE C.H.R.S. PROPOSE  EGALEMENT :

EN AMONT DU SEJOUR

La possibilité est offerte aux détenus des centres de détention de Caen et d’Argentan, ainsi qu’à ceux de la maison d’arrêt de Caen, de préparer leur admission à partir de leur lieu de détention.
Les visites aux demandeurs incarcérés, le travail de partenariat avec les lieux de détention et les magistrats, permettent au C.H.R.S. d’accueillir des personnes dans le cadre d’une libération provisoire, conditionnelle, en fin de peine et en placement extérieur (ainsi que lors de permissions s’inscrivant dans la perspective d’un des types d’accueil cité ci-dessus).

AU COURS DU SÉJOUR

Mise à plat de la situation administrative, financière et aide à la recherche de solutions, recouvrement des droits.
Toutes les prestations que peut réaliser un centre instructeur R.M.I.
Incitation à la prise en compte, par les résidents, de leurs problèmes de santé.
Des actions parentalité (groupe de parole et appartements pour recevoir les enfants pendant de courtes périodes).
Une aide à l’accès au logement (privé ou H.L.M.)

EN AVAL DU SEJOUR

A la fin de leur séjour, les personnes peuvent demander à continuer de bénéficier d’une aide, plus ponctuelle, par l’un des travailleurs sociaux de l’établissement.
Cette nouvelle relation à l’institution vise :

  • A éviter à certaines personnes de vivre une rupture brutale, pouvant être vécue comme insécurisante à un moment de changements importants : nouveau lieu de vie et, bien souvent, vide relationnel.
  • A amener, davantage encore, les bénéficiaires à s’inscrire dans des réseaux relationnels extérieurs.

L’opportunité d’une intervention de ce type est évaluée au cas par cas. Les objectifs doivent être identifiés au travers d’un nouveau contrat.

Nous proposons également des accompagnements sociaux liés au logement (mesures F.S.L.).

2/Moyens

L’action socio-éducative est réalisée par une équipe pluridisciplinaire en travail social : éducateurs spécialisés, assistants de services sociaux, animateurs socio-éducatif, moniteurs éducateurs.
Le CHRS dispose de temps d’intervention de psychologue.
Chaque travailleur social est référent de 5 à 6 résidents et développe un axe d’activité spécifique : Animation d’un groupe de parole sur le thème de la parentalité – Accompagnement des personnes en appartements – Mesures d’accompagnement social lié au logement – Aide administrative – Accès au logement – Ateliers ponctuels (diététique et alimentation, …).
La Direction est garante du projet d’établissement, des règles institutionnelles, et de l’action des professionnels centrée au service des usagers.
Pour favoriser une qualité et une cohérence de l’intervention auprès des résidents :

  • Le responsable de service assure quotidiennement la coordination de l’équipe.
  • Des réunions de régulation hebdomadaires ont pour contenu : L’analyse des situations et des positionnements professionnels, la détermination d’hypothèses et de modalités d’intervention auprès des personnes, la recherche des ressources externes à l’établissement au sein du dispositif.
  • Les membres de l’équipe sociale peuvent participer à des séances collectives de supervision animées par un intervenant psychologue.

Les objectifs et moyens déterminés avec chaque résident font l’objet d’un contrat de séjour écrit. Celui-ci est régulièrement ajusté en fonction de l’évolution constatée.

Les résidents qui ne disposent pas d’un emploi ou d’un stage de formation peuvent participer aux activités du service « CAP » pour : élaborer un projet d’insertion ou de réinsertion professionnelle, participer à une activité quotidienne susceptible de leur être aidante (socialisation – maintient de l’abstinence à un produit – gestion du temps – apprentissages manuels …).

En référence au décret du 3 juillet 2001. relatif aux conditions de fonctionnement des CHRS, l’admission est prononcée pour une durée théorique de 6 mois par le directeur du CHRS, mais la durée effective variera selon la situation de chaque résident, après évaluation par les professionnels, au regard des modalités prévues au contrat de séjour.
Pour un accueil au-delà de 6 mois, le responsable du CHRS sollicite une prolongation d’admission à l’aide sociale auprès des services de la DDCS.

3/Les modalités d’accueil

Les situations qui amènent une personne à solliciter l’accès en CHRS sont variables et multiples. Si l’une des raisons dominante et explicite est le besoin de se loger, les difficultés qui ont conduit à cette situation résultent bien souvent d’un enchaînement d’éléments complexes et souvent cumulés tels que : La rupture familiale, le chômage, les problèmes économiques, l’incarcération, la santé mentale, l’alcoolisme, la toxicomanie, …
Chaque demande pour une entrée fait l’objet d’un entretien. Celui-ci a pour but de présenter les objectifs et modalités de fonctionnement du Centre, d’entendre les raisons pour lesquelles la personne le sollicite, de réaliser une première évaluation de sa situation.
A ce stade, la personne peut apprécier si la structure correspond à ses attentes.
Le Centre peut déceler d’éventuelles contre indications à une entrée : personnes dont la difficulté principale est l’hébergement ne nécessitant pas un accompagnement tel que celui du CHRS Insertion, personnes susceptibles d’avoir, dans ce contexte, des comportements violents ou dangereux pour autrui, troubles du comportement repérés incompatibles avec un collectif.
Chaque demande est étudiée lors d’une commission de validation des entrées/orientation qui se déroule en deux étapes. Dans un premier temps, la demande est examinée par le chef de service du CHRS et le travailleur social ayant procédé à l’entretien, puis par une instance réunissant les responsables de services : CAO- CAP-  Tremplin- CHRS, Direction, pour apporter une réponse dans le lieu et selon les modalités d’hébergement qui apparaissent les plus appropriées.
L’objectif est de répondre au plus près aux demandes et besoins des usagers, dans un délai rapide (qui n’excède pas deux semaines).
Une réponse motivée est communiquée à toute personne ayant sollicité une admission.

Lorsqu’il y a afflux des demandes, le nombre d’entretiens est limité à deux personnes par semaine, dont une référée par le CHRS le Tremplin et une autre pour le dispositif avec un planning prévisionnel d’une durée de quatre semaines au maximum.
L’objectif est de mettre en adéquation le nombre d’entretiens par rapport aux sorties et d’éviter de longues listes d’attente (entretiens et entrées) préjudiciables aux usagers. Aussi, il convient donc que les services évaluent le mieux possible en amont l’orientation vers le CHRS (CAO, CHRS urgence etc…).

Modalités particulières pour l’accueil des personnes détenues

Le CHRS prend particulièrement en compte la situation des personnes incarcérées et ou sortantes d’incarcération avec l’existence du pôle ISD (Intervention Sociale en Détention).
Celles-ci concernent les établissements suivants : Maison d’arrêt et Centre de Détention de Caen, ainsi que le Centre de Détention d’Argentan.
Le CHRS peut accueillir des personnes dans le cadre d’un aménagement ou fin de peine : Placement extérieur, conditionnelle.
A partir d’une demande formulée par courrier, le travailleur social rencontre les personnes en détention afin d’évaluer les modalités de sortie possibles pour celles en lien avec le SPIP et les Magistrats juges d’application des peines.
Un cycle de permissions peut être proposé au CHRS afin de prendre contact avec le CHRS et préparer dans les meilleures conditions une sortie de détention.
L’admission se fait ensuite en fonction des bilans de permissions, de l’accord de l’autorité judiciaire.

4/ La sortie du CHRS

Il sera recherché, avec et pour chaque personne, une solution adaptée à sa situation : logement, résidence sociale, maison relais, lieu de vie, établissement médico-social spécialisé etc…
Si nécessaire, des prolongations de séjours seront assurées en attente de l’obtention de celle-ci.
On pourra aussi proposer au sein du dispositif REVIVRE un hébergement d’attente, particulièrement lorsque l’accompagnement ne se justifie plus dans le cadre du CHRS Insertion.
L’hébergement pourra alors avoir lieu au CHRS le Tremplin ou en appartement ALT.

Lorsque le séjour a perdu son sens au regard des objectifs du CHRS (absence d’implication de la personne – impossibilité de contractualiser –  non prise en compte par les résidents des objectifs et moyens convenus aux contrats de séjour  – difficultés rencontrées au niveau du comportement et du relationnel) le séjour n’est pas prolongé ou peut être interrompu. Il est alors notifié au résident une période de préavis, avec pour objectif la recherche d’une solution d’hébergement ou de logement alternative au CHRS insertion. L’équipe du CHRS s’implique dans cette recherche avec le résident.
En référence au principe de non abandon des personnes et dans la mesure du possible, aucune sortie ne sera effective sans qu’une ou plusieurs possibilités d’hébergement n’aient été recherchées et proposées.

Les sorties disciplinaires :
Celles-ci sont prononcées en référence au règlement de fonctionnement. Elles sont prises par le chef de service, après consultation d’un membre de la direction.
Des mises à pieds pour répondre à une situation d’urgence peuvent être prononcées par le travailleur social lors de son service, après concertation avec le référent de direction, en attente d’un rendez-vous fixé avec le responsable de service.

5/ Les perspectives

Pouvoir être en capacité de répondre à davantage de demandes. En effet, le CHRS insertion est régulièrement amené à limiter le nombre d’entretiens d’admission du fait de l’insuffisance en places disponibles.
Un plus grand nombre d’accès au logement permettrait une rotation plus importante, mais serait en soi insuffisante pour répondre à la demande.
On privilégierait alors l’ouverture  de places en appartements, ce qui permettrait de rééquilibrer le nombre de places en collectif et en appartements ce qui tendrait à améliorer l’outil.